juin 2017
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avril 2017

Guillaume Tetu, CEO of Hautlence.

Cut and Thrust

On sent aujourd’hui une confiance une harmonie retrouvée entre vous…

 
Laurent Picciotto :
Oui, c’est vrai. Hautlence, c’est une très belle marque qui a eu un positionnement très flou pendant de nombreuses années. La pièce a tout de suite plu mais il a fallu expliquer son prix et sa valeur ajoutée. C’est un exercice de pédagogie auquel on est habitué. Pour autant, les HL se situaient à la jonction de plusieurs segments, si bien que la marque n’a pas tout de suite trouvé son public.
 
Guillaume Tetu :
La confiance entre Laurent et moi s’est construite progressivement. Honnêtement, on a mis un peu de temps à le convaincre ! Ses clients avaient déjà de nombreux jouets dans leur collection et Laurent avait la capacité de les pousser encore un cran plus loin s’ils le voulaient. Il fallait donc le convaincre que l’on pouvait, nous aussi, apporter quelque chose de nouveau.
 

Quoi ? 

 
Laurent Picciotto :
La pièce, techniquement, ne posait aucun souci. C’était du sérieux, dès le début. Mais un client achète une montre pour ce qu’elle est mais également ce qu’elle véhicule comme univers. Et là, c’était plus dur d’y associer un véritable positionnement…
 
Guillaume Tetu (poursuivant le propos) :
…jusqu’à une période récente où un actionnaire de référence, Georges-Henri Meylan (ex CEO Audemars Piguet, ndlr), est entré chez nous et nous a fait plancher sur notre propre identité. Après 6 mois, il est apparu clairement que nous voulions être la porte d’entrée de l’horlogerie indépendante. Avec des prix redimensionnés en conséquence et une clientèle beaucoup plus précise à cibler.
 
Laurent Picciotto :
Au final, le véritable lancement de Hautlence, c’est maintenant !
 
Guillaume Tetu :
oui (rires) ! Mais on revient de loin, on a été au bord du gouffre. L’arrivée de MELB (société de G-H Meylan, ndlr) nous apporte un souffle financier, mais aussi une très forte crédibilité. Et ça, ça n’a pas de prix…
 

Au final, il y aurait eu un certain nombre de choses à refaire…

 
Guillaume Tetu :
De très belles choses ont été faites, à commencer par nos pièces. Disons que j’aurais aimé passer plus de temps avec des gens comme Laurent, pour aller plus vite dans le repositionnement. Mais je suis concepteur horloger, pas marketing manager (rires) !
 
Laurent Picciotto :
Paradoxalement, je trouve ça plutôt cool de démarrer aujourd’hui avec Guillaume. Au moins, je sais d’où ils viennent. Au final, il faut tout de même garder à l’esprit que c’est une manufacture qui a les reins solides. Elle a bataillé près de 5 ans et elle s’en est sortie par le haut, là où tant d’autres auraient été balayées.
 

Qu’est ce qui va changer, à partir d’aujourd’hui ? 

 
Guillaume Tetu :
Des collections structurées. Un positionnement clair. Une légitimité affirmée. Et, tout simplement, près de 10 ans de créations: ça assoit une marque.
 
Laurent Picciotto :
Hautlence a eu la bonne idée de relancer la marque sans se couper de ses acquis des premières années. La philosophie reste la même, la créativité aussi. Pour autant, en parallèle, le fait de proposer aujourd’hui des boîtes rondes rassure, on ne touche pas à certains fondamentaux qui comptent pour la plupart des clients.
 
Guillaume Tetu :
Mais on va continuer à proposer de temps en temps des créations originales de haute horlogerie à des prix nettement moins démocratiques !
 

Vous allez finir schizophrènes, entre un retour à l’horlogerie indépendante accessible et un va-et-vient régulier à la haute voltige horlogère !

 
Guillaume Tetu (rires) :
 Non, il y a beaucoup de marques qui se livrent à cet exercice des séries limitées compliquées en parallèle de leurs collections plus abordables.
 

A propos des séries limitées, c’est une option envisagée entre vous ? 

 
Laurent Picciotto (sourire en coin) :
On en parle…
 
Guillaume Tetu :
On commence tout juste l’exercice. On vient de le faire au Venezuela. Ca fonctionne bien. C’est une porte ouverte sur l’avenir, effectivement.
 
Journaliste : Olivier Müller (01/2013)