H Moser & Cie - Venturer Tourbillon 2 fuseaux Saphir squelette
Luc Virginius / Chronopassion
H Moser & Cie - Venturer Tourbillon 2 fuseaux Saphir squelette

Venturer Tourbillon 2 fuseaux Saphir squelette

H Moser & Cie
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1'000'000 €

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Une ce n'était pas assez

En 2015, le premier jour de Baselworld, Laurent Picciotto, Chronopassion, tombait en admiration devant le Venturer Tourbillon Dual Time Sapphire Skeleton de H. Moser & Cie. Et s’en portait acquéreur pour la somme de 1 million de francs suisses. Cette pièce maîtresse, associant un mouvement squelette inédit, un boîtier entièrement réalisé en saphir et un bracelet créé par impression 3D, était un exemplaire unique. Mais une seule pièce ne suffisait pas à Laurent, qui a demandé à la manufacture de Schaffhouse de créer un autre modèle, toujours dans un boîtier en saphir, dans une version encore plus audacieuse. 

 

C’est le boîtier de la collection Venturer que H. Moser & Cie. propose pour la seconde fois dans une version entièrement en saphir. La finition des formes gauches sur les flancs de la boîte, la finesse de la lunette, le galbé du cadran et du verre, les proportions évoquant les formes convexes des années 1960 : tout y est, sublimé par la transparence du saphir. Cet écrin de saphir sublime la beauté du calibre HMC 803 à remontage automatique. Entièrement squelettisé, ce mouvement a été bleui par CVD, un procédé de dépôt chimique en phase vapeur. Un choix esthétique intéressant, qui marie la tradition d’un mouvement en maillechort et la couleur bleue associée à la haute horlogerie traditionnelle, à l’architecture très moderne des ponts. Encadré par la lunette extrêmement fine de la Venturer, un réhaut de saphir portant les index des heures s’ouvre largement sur le mouvement, décoré à la main. Les aiguilles, longues et effilées, sont en or rose, rappelant le pont principal du tourbillon, qui s’ouvre comme un sourire sur la cage. Au verso, le rotor bidirectionnel, en or rouge 22 carats massif, est également gravé et ajouré. 

Le Venturer Tourbillon Dual Time Sapphire Blue Skeleton est équipé d’un second fuseau horaire, indiqué par une aiguille rhodiée de couleur rouge, qui se dissimule sous l’aiguille principale des heures lorsque la fonction n’est pas utilisée. Il est aussi doté d’un tourbillon 1 minute modulaire interchangeable, muni d’un double spiral Straumann® original, coup de génie pour une montre qui s’inscrit véritablement dans l’ère du temps et transcende les avantages d’un simple tourbillon. 

Le Venturer Tourbillon Dual Time Sapphire Blue Skeleton est un modèle hors du commun, audacieux, novateur, au design un brin provocateur. Jamais un tourbillon n’aura été aussi peu conventionnel ! Dans un jeu de contrastes étonnants, H. Moser & Cie. met ainsi en scène la complication classique et traditionnelle par excellence, le tourbillon, et la détourne de manière contemporaine, tout en légèreté et en nuances

Spécifications techniques

Référence 2803-1002, modèle en saphir, cadran réhaut en saphir, bracelet en alligator noir, pièce unique 

Boîtier 

Boîtier 3 parties en saphir 

Diamètre : 41,5 mm 

Hauteur : 14,3 mm 

Glace saphir galbée et fond de boîte transparent en saphir 

Couronne vissée en saphir gravée d’un « M » 

Cadran 

Réhaut saphir intégré au boîtier saphir en 3 parties 

Index de couleur bleu nuit Aiguilles en forme de feuilles en or rose 

Mouvement 

Calibre manufacture squelette HMC 803 à remontage automatique, de couleur bleue 

Diamètre : 34,0 ou 15 lignes 

Hauteur : 6,5 mm 

Fréquence : 21‘600 a/h 

Système de remontage bidirectionnel à cliquet 

Masse oscillante squelettisée en or rouge massif 22 carats avec blason de la société H. Moser & Cie. gravé 

Réserve de marche : minimum 3 jours 

Denture Moser pour la totalité des roues et pignons 

Double spiral Straumann® original 

Tourbillon une minute interchangeable à 6 heures avec ponts squelettés 

Fonctions 

Heures et minutes 

Second fuseau horaire dissimulable quand il n’est pas utilisé 

Bracelet 

Bracelet en cuir d’alligator noir cousu main 

Boucle ardillon en or 18 carats

Who's who

H. Moser & Cie est probablement la plus méconnue des grandes manufactures, l’une de ces perles cachées de la haute horlogerie qu’affectionne Laurent Picciotto. Qui sait que H. Moser & Cie, dès 1840, dominait le marché horloger au Japon, en Chine, en Perse, au Turkestan, en Russie ? Qui sait que la manufacture produisait pas moins de 70 calibres maisons ?

 

Heinrich Moser était horloger, mais aussi et surtout visionnaire et entrepreneur. Comme tous les esprits libres et en avance sur son temps, il fut d’ailleurs en premier lieu rejeté par sa ville natale, Schaffhouse, alors que celle-ci allait paradoxalement devenir avec IWC un centre horloger de premier plan ! « Les Moser sont des montres qui ne se dévoilent pas d’emblée, contrairement à ce qu’elles peuvent laisser croire », souligne Laurent Picciotto.

 

De même, la personnalité de Heinrich Moser ne se laissait pas appréhender facilement. Bien que fondamentalement attaché à Schaffhouse, c’est à Saint-Petersbourg qu’il exécute la première partie de sa carrière. Il n’y établit pas tout de suite une manufacture mais, comme c’était l’usage en ce temps, un « négoce de montres » de sa propre production ou de pièces venant d’autres constructeurs. Lorsqu’il décide de développer le segment de ses propres mouvements, ce n’est toujours pas à Schaffhouse mais au Locle qu’il s’établit. Et ce n’est pas au marché européen qu’il destine sa production, mais à Nijni Novgorod et à Irbit !

 

Ces deux villes sont en effet les principaux lieux de foire de l’époque, lui assurant un développement commercial rapide qui se traduit notamment par l’embauche de 50 collaborateurs. Toujours à contre-courant, alors que les horlogers suisses et français sont à l’époque les plus réputés, Heinrich Moser emploie des horlogers allemands, russes, italiens et suédois. En parallèle, l’entrepreneur, de retour dans sa ville natale, s’engage dans l’industrialisation de la région et bâtit notamment...des chemins de fer et barrages, toujours en activité en 2012 !

 

Au final, et toujours dans la trajectoire pour le moins atypique de la marque, alors que Heinrich Moser avait bâti, à son décès en 1874, un véritable empire qui offrait de magnifiques perspectives de croissance, sa famille décida de...tout revendre. La partie horlogère fut démantelée, mais Heinrich Moser avait toutefois imposé que le nom de marque « H. Moser & Cie » restât attaché à toute production horlogère qui serait faite sur les fondamentaux qu’il avait bâti. La marque traverse donc les décennies avec plus ou moins de succès, jusqu’en en 2002 quand le Dr Jürgen Lange fait réenregistrer le nom de la marque originale du fondateur au plan international.

 

C’est l’heure de la renaissance de l’entreprise Moser Schaffhausen AG et la réintégration de la lignée des Moser. Aujourd’hui, Roger Nicholas Balsiger, arrière-petit-fils de Heinrich Moser en est président d’honneur. En automne 2005, à l’occasion du 200ème anniversaire de son fondateur Heinrich Moser, l’entreprise faisait sa réapparition sur la scène de l’horlogerie internationale. « Ce sont aujourd’hui des pièces rationnelles et subtiles », souligne Laurent Picciotto. « Nous avons laissé le temps à la marque pour trouver sa place.

 

L’approche reste certes germanique, mais décalée, avec des tons classiques mais peu courants et des fonctions basiques qui dissimulent, côté fond, une véritable haute facture mécanique (grande date, affichage rétrograde, réserve de marche de 7 jours, etc.). Les pièces actuelles reposent sur un véritable cahier des charges dans une approche de puriste qui s’adresse à des personnalités fortes ».

 

Journaliste : Olivier Müller

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