HYT - H1 Black DLC
Luc Virginius / Chronopassion
HYT - H1 Black DLC

H1 Black DLC

HYT

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L'avis de laurent

The fluidic revolution !

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H1 : MÉCANIQUE FLUIDIQUE

On connaissait les clepsydres. La plus ancienne retrouvée à ce jour date de l’époque des pharaons. Il aura fallu attendre 3400 ans pour s’affranchir de la force de la gravité et indiquer l’heure avec un fluide dans une montre-bracelet mécanique. Beaucoup en ont rêvé, HYT l’a fait.

Le principe

Rencontre entre haute horlogerie et mécanique des fluides. Une utopie à priori. Ba- layanttoutes les certitudes, laminant le conformisme, l’idée-force qui a conduit à la H1 est pourtant simple : deux réservoirs flexibles soudés, fixés à chaque extrémité d’un capillaire. Dans l’un, un liquide aqueux chargé de fluorescéine. Dans l’autre, un liquide transparent visqueux. Pour les maintenir séparés : la force de répulsion des molécules de chaque fluide. Délimitant la frontière entre les deux : le ménisque.

A 6 heures, les deux réservoirs. Tandis que le premier se compresse, l’autre se détend, et inversement, entraînant le mouvement des fluides dans le capillaire. Au fil des heures, le liquide fluorescent avance. Le ménisque, en forme de demi-lune, marque le point de rup- ture avec l’autre fluide dans le tube, indiquant l’heure. Arrivé à 18h, le liquide fluorescent revient en position initiale, dans un mouvement rétrograde. Le secret pour actionner les réservoirs ? Deux soufflets en alliage électro-déposé extrêmement souples et résistants, mus par un piston. Et c’est pour activer ce système qu’intervient l’horlogerie.

Un mouvement mécanique pour actionner le système fluidique

Orchestré par Bruno Moutarlier, avec le concours de Jean-François Mojon et son équipe de Chronode SA : un mouvement mécanique. Logé dans la partie supérieure de la montre, il entraîne une came. Celle-ci pousse le piston, qui vient actionner le soufflet.

Le principal défi a consisté à trouver une interface entre mouvement mécanique et sys- tème fluidique dans un circuit fermé et étanche. D’abord, le volume à disposition pour loger les deux était réduit. Ensuite, il s’est agi de les monter séparément pour les garder autonomes, puis de les faire fonctionner ensemble. Une intégration modulaire pour le moins délicate, qui a engendré d’autres contraintes, comme le montage du cadran en deux parties, par les côtés.

De la conception à la réalisation : convergence de deux mondes vers un objectif commun Si l’idée de base est en soi simple, sa concrétisation est pour le moins complexe. Sous la direction de Bruno Moutarlier, deux équipes s’y sont collées. Pour la partie horlogère : Jean-François Mojon et ses acolytes de Chronode. Pour la partie fluidique : Preciflex, la société dépositaire des brevets créée par les fondateurs de HYT – Patrick Berdoz, Lucien Vouillamoz et Emmanuel Savioz. Pour épauler Preciflex : Helbling Technik, issu du domaine médical, où le fluid motion est utilisé dans certains traitements. Une formidable aventure humaine qui propulse deux mondes à priori aux antipodes vers une nouvelle ère commune : celle d’une technologie unique qui chamboule non seulement l’horlogerie, mais également le medtech, puisque ce système de pompe ouvre la voie à des applications inédites dans le domaine.

 

Etape N° 1 : élaborer des fluides qui obéissent à un cahier des charges horloger. Couleur, texture homogène, résistance aux vibrations, aux chocs et aux variations de température, pas d’altération à long terme, étanchéité à toute épreuve. Des impératifs qui ont néces- sité la mise au point de nombreuses innovations. A ce jour, sept brevets ont été déposés pour la technologie et un pour le design. Une plongée vertigineuse dans l’inédit, qui a conduit les prouesses techniques horlogères aux frontières des nanotechnologies.

Dompter les besoins en énergie

Qui dit force hydraulique dit pression. Lorsque le liquide chargé de fluorescéine a accompli un tour complet et arrive vers 6h / 18h, la pompe émettrice se comprime, tandis que le soufflet récepteur se détend, générant de la résistance, et donc un besoin accru en énergie. Pour y remédier, Preciflex a développé des soufflets totalement novateurs. En alliage très fin, à la fois extrêmement souples et résistants, ils sont inspirés des capteurs de mesures utilisés par la NASA et leur conception a dû être adaptée aux besoins horlogers. Leur forme spécialement étudiée permet de diminuer l’énergie nécessaire à leur compres- sion, d’absorber les chocs et d’assurer une étanchéité à toute épreuve.

Métaphysique des fluides

Tout au long du processus de développement, mené parallèlement à l’engineering, les quantités de liquides auront fait l’objet de toutes les attentions. Chaque microlitre compte, et le volume total dans le circuit fermé est extrêmement précis, le système devant pré- senter une étanchéité qui confine aux nanotechnologies. De par le rapport inhabituel entre la couronne et les fluides, un système de mise à l’heure spécial a été conçu afin d’éviter que le liquide ne circule trop rapidement et vienne endommager le ménisque.

Accélérateur d’émotions

Nerveux, agressif. Le design signé Sébastien Perret impose le caractère chargé de tes- tostérone de la H1. Une construction hors normes. Une architecture tridimensionnelle, révélée aussi bien de face que de profil ou de 3/4, par une sculpturale glace saphir de 5 mm taillée dans la masse. Dominant ce bloc, le dôme à 6 h revendique ses propres lois. De lui jaillissent les particules de fluorescéine, comme suspendues dans leur fuite des heures. Vers lui convergent pistons et soufflets au tempérament industrieux. Comme déstructurée, la partie supérieure de la montre dicte une géométrie faite de strates et de reliefs. Au centre, le régulateur minute, chevauché par une petite seconde exaltée qui rappelle furieusement une roue à eau. A 2 h 30, une réserve de marche de 65 heures découpe la charge disponible sur trois arcs de cercle. Et pendant ce temps, les fluides poursuivent leur course dans le pourtour de la boîte. Une « bête » de 48.8 mm de diamètre et de 17.9 mm d’épaisseur qui impressionne par sa légèreté et sa chute parfaite au poignet. Les encoches de sa carrure viennent prolonger les index baignoire en applique, tandis que dans l’axe du calibre, la couronne s’arrime à 2 h 30, comme poussée par son imposant protège-couronne.

Spécifications techniques

Boîte : 
  • Titane en DLC noir avec finitions brossées, microbillées et satinées
  •  diamètre : 48,8 mm
  •  hauteur : 17,9 mm
  •  couronne vissée gaînée de caoutchouc
  •  protège-couronne
  •  cornes rapportées vissées
  •  dôme métallique à 6h50
  •  glace saphir bombée, antireflet côté cadran
  •  fond saphir vissé
  •  étanche jusqu’à 100 mètres.
Fonctions :
  • heures fluidiques rétrogrades; minutes, secondes
Mouvement :
  • mécanique à remontage manuel, calibre exclusif HYT
  • 28 800 alt/h, 4 Hz, 35 rubis
  • ponts anglés à la main et décorés Côtes de Genève, soufflets rhodiés
  • 65 heures de réserve de marche
Cadran :
  • déstructuré, heures indiquées par un fluide
  • cadran noir, index et chiffres gris, aiguille des minutes grise
  • aiguille et index des heures luminescents
  • régulateur à 12h50
  • roue de petite seconde à 9h50
  • indicateur de la réserve de marche à 2h50
Bracelet :
  • caoutchouc, boucle à ardillon en titane DLC noir
Référence :
  • 148-DL-21-GF-RU

Who's who

Ils sont tous les deux aussi turbulents, imprévisibles, et ne sont jamais plus à l'aise que lorsque toute l'industrie doute de leurs choix. Au final, ce qui rassemble Vincent Perriard et Laurent Picciotto, c'est peut-être leur insatiable curiosité, celle d'aller là où personne ne pense à aller. Pas par simple goût de la provocation, mais par la volonté de rafraîchir en permanence l'état de l'art horloger.
S'il est toujours préférable de jauger une marque sur la distance plutôt que sur un ‘one shot’, on peut toutefois mesurer la puissance de son ambition par sa première pièce. Chez HYT, Vincent Perriard s'est dit que la mécanique horlogère, c'est bien, mais que la mécanique des fluides, c'est mieux. Et si l'on indiquait l'heure avec un liquide ? 
"Dès le début, lorsque Vincent est venu me voir avec cette idée un peu folle, j'ai trouvé l'approche très ingénieuse", se souvient Laurent Picciotto. "Mais d'emblée, je l'ai mis en garde contre le pur exercice de style, sans lendemain, et le véritable exercice horloger qui, seul, lui assurerait la considération de ses pairs". 
Traduction concrète pour le co-fondateur de cette marque en devenir : développer une véritable mécanique horlogère, un véritable mouvement maison qui donne toute sa légitimité à l'indication fluidique de l'heure. 
"J'avoue avoir effectivement conservé une certaine réserve jusqu'à ce que je puisse enfin voir le mouvement qui allait supporter l'idée", concède Laurent Picciotto. Et là, le doute s'est levé : une mécanique totalement inédite, une vision côté pile qui affiche deux incroyables pistons et dévoile côté face une architecture horlogère traditionnelle. 
De quoi rassurer l'amateur éclairé ? Assurément. Le détaillant regarde pourtant plus loin : "J'ai aussi considéré les équipes, leur passif. J'ai vu chez HYT des gens qui venaient du secteur médical, des chercheurs, des équipes sérieuses qui avaient la volonté de bien faire", renchérit Laurent Picciotto. "Je suis confiant sur leur façon de voir les choses. Il y a des moyens et de la méthode". 
Fin 2012, les premières HYT ont évidemment élu domicile chez Chronopassion, probablement pour une très courte durée au regard d'une demande qui excède déjà très largement l'offre. Pour autant, voilà une marque que l'on reverra souvent : "HYT va trouver son rythme de croisière et s'imposer durablement. C'est également une marque qui va probablement inspirer bien d'autres indépendants", conclut Laurent Picciotto. 
 
Journaliste : Olivier Müller
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