MB&F - Horological Machine No3 Frog Zr
Luc Virginius / Chronopassion
MB&F - Horological Machine No3 Frog Zr

Horological Machine No3 Frog Zr

MB&F | 72'600 € TTC

Epuisé Contactez nous
L'avis de laurent

Voir les autres vues Luc Virginius / Chronopassion

Récemment encore, le monde scientifique était convaincu que la grenouille la plus rare au monde était l’Isthmohyla rivularis, redécouverte en 2008 dans les forêts tropicales du Costa Rica. Aujourd’hui, cependant, cette minuscule grenouille arboricole a cédé la place dans le livre des records à un nouvel amphibien, dont la peau noire satinée est suffisamment solide pour résister à tous les périls de la jungle : la Frog Zr de MB&F Zr est le symbole chimique du zirconium, un métal de transition proche du titane. Du titane dopé aux stéroïdes ! Pour mieux comprendre la résistance du zirconium, il suffit de préciser que les aubes et les pales des moteurs à réaction comme des turbines à compression ne peuvent supporter les températures extrêmement élevées et les tensions qu’elles suscitent qu’en raison de la présence d’une couche de protection en céramique de zirconium et d’oxyde d’yttrium. En présentant la HM3 Frog, MB&F souhaitait intégrer un aspect ludique aux créations de Haute Horlogerie. Elle y est parvenue au-delà de toute espérance et la Frog Zr s’inscrit dans la lignée de cette belle ambition. Sous son enveloppe coriace en zirconium, le flamboyant rotor violet en or 22 carats, qui décrit ses va-et-vient sur le cadran tout en réfléchissant d’énigmatiques nuances vertes ou jaunes, envoie un message d’une limpidité absolue : la Frog Zr possède également un sens de l’humour! Édition limitée à 18 pièces.

Spécifications techniques

Boîtier
  • Zirconium
Dimensions
  • 47 mm x 50 mm x 16 mm
Mouvement
  • Mouvement tri-dimensionnel imaginé par Jean-Marc Wiederrecht/Agenhor
  • automatique
Fonctions
  • Heures, Minutes, Secondes, Date, Indicateur Jour/Nuit
Bracelet
  • Alligator noir

Who's who

« Surprenant. Maximilian Büsser est définitivement quelqu’un de surprenant ». Lorsque l’on demande à Laurent Picciotto de tracer les grandes lignes de son histoire avec l’homme fort de MB&F, il y a d’abord un long silence, un air pensif. Par où commencer ? Par la première rencontre alors que « Max » était stagiaire chez Jaeger-LeCoultre ? Lorsqu’il dirigeait Harry Winston Horlogerie ? Lorsqu’il s’est mû en designer agrégeant les plus grands talents horlogers chez MB&F ? Voilà en effet quelques étapes de la vie de Max Büsser, mais campées par un personnage si différent dans chaque rôle que la continuité est parfois difficile à percevoir. Pourtant, tout a bel et bien commencé il y a 20 ans à Paris entre les deux hommes. Laurent Picciotto a ouvert Chronopassion depuis 3 ans, posant les bases d’une enseigne qui allait devenir référente, mais qui n’est en ce temps qu’un ovni pour quelques (rares) amateurs de haute horlogerie. Le jeune Maximilian Büsser, lui, est fraichement sorti de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Il vient de rentrer chez Jaeger-LeCoultre. Passionné de mécanique horlogère, il ne manque pas, lors de son passage à Paris, de s’arrêter rue Saint Honoré chez Chronopassion. « Il est resté plus de 3 heures », se souvient encore Laurent Picciotto. « Passionné, curieux, posant 1000 questions – un jeune homme atypique et sommes toutes à la culture horlogère déjà plus aboutie qu’il ne le laissait paraître ». Max Büsser restera plus de 7 ans au Marketing de Jaeger-LeCoultre. Il quitte la maison en 1991 pour entrer chez Harry Winston. Le joaillier de la 5ème avenue à NYC avait déjà fait quelques incursions dans le monde horloger, mais sans grand succès. Les premières pièces datent de 1989, le succès n’est pas immédiat. La production est confidentielle, le jeune Max Büsser sème alors les graines d’une horlogerie haut de gamme chez le joailler et atteint rapidement le poste de Managing Director pour le département Rare Timepieces. C’est à ce moment là que les routes des deux hommes se recroisent. « Je me promenais à Genève », évoque Laurent Picciotto, « lorsqu’un homme en voiture s’arrête à mes côtés. Ce n’était plus le jeune en apprentissage de chez Jaeger, c’était le CEO d’Harry Winston Horlogerie. Je ne le reconnaissais plus, la transformation était même physique ! Il avait véritablement pris le costume du CEO. C’était vraiment surprenant ». Les deux hommes vont alors se voir chaque année dans le cadre d’Harry Winston. La partie horlogère de la marque, sous l’impulsion de Max Büsser, prend corps progressivement, « mais moi, seules les Opus m’intéressaient », glisse, sourire en coin, Laurent Picciotto. Une certaine amitié se noue et lorsque Max Büsser quitte Harry Winston en juillet 2005, les deux hommes se retrouvent une nouvelle fois. « Max m’informe de son nouveau projet, MB&F, pour Maximilian Büsser & Friends. Je ne lui ai dit que trois mots : ‘Je te suis’. Il a été un peu pris de court, alors qu’il ne projetait même pas encore d’implanter la marque en France et qu’il n’y avait pas encore le moindre prototype à l’horizon ! ». L’intuition était la bonne. La première Horological Machine, la HM1, voit le jour deux ans plus tard, en 2007. « Une pièce difficile à saisir, il faut vraiment la mettre au poignet puis attendre un bon quart d’heure avant de se prononcer », se remémore Laurent Picciotto. La suite de l’aventure est connue : il y aura quatre HM, ainsi qu’une LM, pour Legacy Machine, pièce hommage aux inventeurs horlogers esthétiquement plus abordable mais non moins techniquement aboutie. Chaque pièce MB&F est en effet le fruit de ce que la haute horlogerie compte de plus grands talents, tant en horlogerie à proprement parler qu’en design : Jean-François Mojon, Kari Voutilainen, Peter Speake-Marin, Laurent Besse, Jean-Marc Wiederrecht, Eric Giroud, etc. « Au final, MB&F demande une vraie démarche d’adoption de ses pièces. Max y met une bonne dose d’humour, fruit de son regard désinhibé sur l’horlogerie. C’est définitivement une marque qui apporte de la fraîcheur dans le paysage horloger, qui le secoue juste comme il en avait besoin », conclut Laurent Picciotto.

Journaliste : Olivier Müller

Lire la suite