MB&F - Horological Machine 4 Final Edition
Luc Virginius / Chronopassion
MB&F - Horological Machine 4 Final Edition

Horological Machine 4 Final Edition

MB&F

Epuisé Contactez nous
L'avis de laurent

Voir les autres vues Luc Virginius / Chronopassion

La HM4 Final Edition: facile à voir, pratiquement impossible à saisir!

Furtif. N'importe quel navire ou avion conçu dans le but d'être furtif ressemble bizarrement à tout sauf à un objet discret. Et plus ils sont furtifs, plus ils attirent l'attention - sauf celle des radars. Comme l'emblématique F-117, la HM4 Final Edition dispose de panneaux angulaires carrés, de surfaces sombres et de titane high-tech. Elle paraît à la fois rapide et menaçante. Et à ce jour, on n'a pas signalé de Final Edition détectée par un radar. On peut donc la qualifier également de "furtive". Inspirés par l’aéronautique, le boîtier et le moteur de la Horological Machine N°4, présentée pour la première fois en 2010, ne font qu’un. 

Le mouvement de la HM4 est l'aboutissement de trois longues années de développement. Chacun de ses 300 composants – de l’organe réglant aux plus petites vis – a été spécialement conçu pour ce calibre anarchiste. Deux barillets disposés horizontalement entraînent deux trains de rouages verticaux et transfèrent l’énergie à deux nacelles qui affichent les heures, les minutes et la réserve de marche.Chaque composant, chaque forme répond à une exigence technique; rien n’est superflu et chaque ligne, chaque courbe s'inscrit dans une harmonie poétique. Les cornes articulées assurent un confort exceptionnel et l’excellente lisibilité est un agrément annexe.

La HM4 Finale Edition est une édition limitée furtive de huit pièces seulement. Avec elle se ferme le livre de la ligne HM4, qui fut limitée à 100 mouvements sur tous les modèles. Horological Machine No4 Final Edition Inspiration et réalisation Passionné très tôt par les modèles réduits d’avions, le jeune Maximilian Büsser en couvrit les murs, les commodes et le plafond de sa chambre. Nombreux sont les garçons qui dessinent des bolides et des avions à réaction. Rares sont ceux qui sont assez déterminés pour réaliser leurs rêves. Büsser a créé MB&F précisément à cette fin. 

La HM4 est née de l’imagination de l'enfant et de la ténacité de l'homme. Moteur Entièrement dessiné et développé par MB&F, le mouvement de la HM4 a nécessité plus de trois ans de travail intensif. En raison des caractéristiques extrêmes de son architecture, chacun des 311 composants a été conçu spécialement. Deux barillets montés en parallèle assurent 72 heures de fonctionnement, transfèrent leur énergie à deux nacelles en forme de réacteurs par l’entremise de trains de rouages verticaux. 

Visible à travers un panneau en saphir situé sur la partie supérieure du boîtier, un pont à la silhouette aérodynamique sert de support au balancier. Son centre est évidé afin de révéler la plus grande partie de la roue oscillante et de confirmer la composante cinétique du langage artistique de MB&F. Une œuvre d’art se contemple sous des angles différents. La Horological Machine N°4 ne fait pas exception à cette règle. Il suffit de la retourner pour découvrir, à travers les sections en saphir, le splendide panorama d’une micromécanique aux finitions raffinées. Dans un amusant effet de trompe-l’œil, l’élément qui semble être de prime abord un microrotor sculpté en forme d’astéro-hache, l'emblème de MB&F, est en fait un pont. Indications Pour un garde-temps qui n’a pas particulièrement été développé pour indiquer l’heure, la HM4 s’acquitte superbement de cette fonction. En fait, avec ses cadrans parfaitement lisibles disposés de manière perpendiculaire au poignet, elle s’impose d’emblée comme la montre idéale pour les aviateurs et les pilotes automobiles. 

Sur la nacelle de gauche, la réserve de marche est clairement indiquée par une aiguille squelettée rappelant l’astéro-hache de MB&F. Sur celle de droite, heures et minutes sont indiquées par de larges aiguilles remplies de Superluminova et se terminant en pointe de flèche. Réalisés dans le style des instruments d’aviation, les deux cadrans sont directement contrôlés par leur propre couronne: l’une pour remonter le mécanisme et remplir les réservoirs, l’autre pour régler l’heure. Boîtier Inspiré par l’aviation, le boîtier de la HM4 dégage, dans une égale mesure, une impression de vitesse, de force, de technologie et de raffinement. Visuellement, il se compose de trois parties, deux nacelles aux lignes aérodynamiques, semblables à des réacteurs d’avion, fixées sur une section horizontale qui abrite le moteur, clairement visible à travers les panneaux en saphir transparent. 

Techniquement, le boîtier se compose aussi de trois sections principales qui intègrent les cadrans et les cornes frontales articulées, une section centrale en saphir qui offre au regard un accès inédit à 360° sur un mouvement aux finitions raffinées, et une section arrière qui s’affine jusqu’aux deux couronnes. Plus de 185 heures d'un usinage complexe et d'un polissage méticuleux sont nécessaires pour transformer un morceau de cristal opaque en un atrium baigné de lumière qui révélera une partie du moteur de la HM4 et certains détails de sa construction. Les contrastes entre les surfaces mates et les surfaces polies sous le traitement en PVD noir, les courbes sensuelles et les lignes droites furtives, les formes rigides aux bras articulés font de la HM4 Final Edition un garde-temps totalement différent de tout ce que l'on peut voir (ou pas) sur terre, sur mer ou dans les airs!. 

Spécifications techniques

Boitier
  • Titane grade 5 avec traitement PVD noir
  • Saphir
Diamètre
  • 54 mm

Mouvement
  • Mouvement d’horlogerie tridimensionnel
  • Entièrement développé par MB&F 
  • Réserve de marche 72h
  • Remontage manuel avec deux barillets
Cadran
  • Noir type pilote

Bracelet
  • Bracelet en veau cousu à la main
  • Boucle déployante au design personnalisé
Spécial
  • Édition limitée de 8 pièces en titane noir (PVD)

Who's who

« Surprenant. Maximilian Büsser est définitivement quelqu’un de surprenant ». Lorsque l’on demande à Laurent Picciotto de tracer les grandes lignes de son histoire avec l’homme fort de MB&F, il y a d’abord un long silence, un air pensif. Par où commencer ? Par la première rencontre alors que « Max » était stagiaire chez Jaeger-LeCoultre ? Lorsqu’il dirigeait Harry Winston Horlogerie ? Lorsqu’il s’est mû en designer agrégeant les plus grands talents horlogers chez MB&F ? Voilà en effet quelques étapes de la vie de Max Büsser, mais campées par un personnage si différent dans chaque rôle que la continuité est parfois difficile à percevoir. Pourtant, tout a bel et bien commencé il y a 20 ans à Paris entre les deux hommes. Laurent Picciotto a ouvert Chronopassion depuis 3 ans, posant les bases d’une enseigne qui allait devenir référente, mais qui n’est en ce temps qu’un ovni pour quelques (rares) amateurs de haute horlogerie.

Le jeune Maximilian Büsser, lui, est fraichement sorti de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Il vient de rentrer chez Jaeger-LeCoultre. Passionné de mécanique horlogère, il ne manque pas, lors de son passage à Paris, de s’arrêter rue Saint Honoré chez Chronopassion. « Il est resté plus de 3 heures », se souvient encore Laurent Picciotto. « Passionné, curieux, posant 1000 questions – un jeune homme atypique et sommes toutes à la culture horlogère déjà plus aboutie qu’il ne le laissait paraître ». Max Büsser restera plus de 7 ans au Marketing de Jaeger-LeCoultre. Il quitte la maison en 1991 pour entrer chez Harry Winston. Le joaillier de la 5ème avenue à NYC avait déjà fait quelques incursions dans le monde horloger, mais sans grand succès. Les premières pièces datent de 1989, le succès n’est pas immédiat. La production est confidentielle, le jeune Max Büsser sème alors les graines d’une horlogerie haut de gamme chez le joailler et atteint rapidement le poste de Managing Director pour le département Rare Timepieces.

C’est à ce moment là que les routes des deux hommes se recroisent. « Je me promenais à Genève », évoque Laurent Picciotto, « lorsqu’un homme en voiture s’arrête à mes côtés. Ce n’était plus le jeune en apprentissage de chez Jaeger, c’était le CEO d’Harry Winston Horlogerie. Je ne le reconnaissais plus, la transformation était même physique ! Il avait véritablement pris le costume du CEO. C’était vraiment surprenant ». Les deux hommes vont alors se voir chaque année dans le cadre d’Harry Winston. La partie horlogère de la marque, sous l’impulsion de Max Büsser, prend corps progressivement, « mais moi, seules les Opus m’intéressaient », glisse, sourire en coin, Laurent Picciotto. Une certaine amitié se noue et lorsque Max Büsser quitte Harry Winston en juillet 2005, les deux hommes se retrouvent une nouvelle fois. « Max m’informe de son nouveau projet, MB&F, pour Maximilian Büsser & Friends. Je ne lui ai dit que trois mots : ‘Je te suis’. Il a été un peu pris de court, alors qu’il ne projetait même pas encore d’implanter la marque en France et qu’il n’y avait pas encore le moindre prototype à l’horizon ! ».

L’intuition était la bonne. La première Horological Machine, la HM1, voit le jour deux ans plus tard, en 2007. « Une pièce difficile à saisir, il faut vraiment la mettre au poignet puis attendre un bon quart d’heure avant de se prononcer », se remémore Laurent Picciotto. La suite de l’aventure est connue : il y aura quatre HM, ainsi qu’une LM, pour Legacy Machine, pièce hommage aux inventeurs horlogers esthétiquement plus abordable mais non moins techniquement aboutie. Chaque pièce MB&F est en effet le fruit de ce que la haute horlogerie compte de plus grands talents, tant en horlogerie à proprement parler qu’en design : Jean-François Mojon, Kari Voutilainen, Peter Speake-Marin, Laurent Besse, Jean-Marc Wiederrecht, Eric Giroud, etc. « Au final, MB&F demande une vraie démarche d’adoption de ses pièces. Max y met une bonne dose d’humour, fruit de son regard désinhibé sur l’horlogerie. C’est définitivement une marque qui apporte de la fraîcheur dans le paysage horloger, qui le secoue juste comme il en avait besoin », conclut Laurent Picciotto.

Journaliste : Olivier Müller

Lire la suite