MB&F - HM6 Space Pirate MB&F
Luc Virginius / Chronopassion
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HM6 Space Pirate MB&F

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HM6 Space Pirate

L’espace est un milieu extrêmement hostile. Pour survivre, il faut se prémunir contre les accélérations puissantes, les radiations thermonucléaires, les variations de température extrêmes et le risque permanent de collision.

Horological Machine N°6 (HM6) ‘Space Pirate’ a été conçue pour fonctionner dans un environnement hostile : l’espace autour du poignet.

À chacun des quatre coins du boîtier biomorphique, on découvre une sphère composée, dessus et dessous, de dômes en saphir transparent. En surface, vers l’avant, deux indicateurs semi-sphériques tournent à la verticale (à 90° par rapport au moteur) et affichent les heures et les minutes avec de grands chiffres lisibles. Vers l’arrière, deux turbines sphériques, entraînées via un rouage multiplicatif par le rotor, tournent à l’horizontale pour réguler le système de remontage et réduire les frottements ainsi que l’usure à la clé en cas de vitesse excessive.

Le dôme central abrite le régulateur de précision du moteur de la HM6, un tourbillon 60 secondes volant. En plus d’être un tourbillon volant fonctionnel, celui-ci est en prime spectaculaire. Il s’est imposé faute de place suffisante sous le dôme en saphir, car il ne nécessite pas de pont supérieur : la fonction a épousé la forme.

Cependant, la protection contre les redoutables radiations thermonucléaires offerte par un dôme transparent sur le cockpit d’un vaisseau spatial est faible — même pour un vaisseau spatial de poignet. Aussi, ‘Space Pirate’ dispose d’un bouclier semi-sphérique en titane rétractable. Quand il est fermé, celui-ci bloque les rayons nocifs (en particulier les rayons UV) et empêche l’oxydation prématurée des huiles dans le moteur. Une couronne placée à 9 heures actionne l’ouverture et la fermeture en — et comme — un clin d’œil.

Alors que la coupole au sommet de la HM6 ‘Space Pirate’ offre un point de vue spectaculaire sur le moteur sophistiqué, l’ouverture en verre saphir sur le fond dévoile les finitions raffinées de plus de 475 composants du mouvement extrêmement complexe, fruit de plus de trois ans de développement. Au verso, l’on découvre également une partie du mécanisme de remontage dont le rotor-astérohache en platine 950.

Si les courbes douces et les «yeux» saillants donnent à Horological Machine N°6 une apparence de gentil extra-terrestre, le titane grade Ti-6Al-4V, métal résistant à plus de 400° employé dans l’aéronautique, confère à l’exosquelette une robustesse impressionnante. Pour renforcer la structure et rattacher les cornes, une ceinture longitudinale en titane entoure la coque.

Grâce à son boîtier en titane léger et ses coins arrondis, la HM6 épouse parfaitement la forme de tous les poignets.

Horological Machine No.6 ‘Space Pirate’ est une édition limitée à 50 pièces en titane Ti-6Al-4V. Au total, seulement 100 mouvements seront produits par MB&F pour la série HM6.

La HM6 ‘Space Pirate’ (Pirate de l’espace) est inspirée par un dessin animé japonais qui a marqué Maximilian Büsser dans son enfance : Capitaine Flam (Captain Future en anglais). Le capitaine Flam disposait d’un vaisseau spatial, nommé le Comet, composé de deux sphères reliées par une passerelle tubulaire. Maximilian Büsser en a imaginé deux réunis en un pour créer les bases de HM6 ‘Space Pirate’.

Avec ses lignes courbes, Horological Machine N°6 adopte une forme plus douce, plus organique, que les précédentes Machines. Elle est inspirée par le courant artistique du Biomorphisme qui se caractérisait par des figures empruntées aux organismes vivants.

Compte tenu de la difficulté des défis à relever, il a fallu plus de trois ans pour développer le moteur de la HM6. Les indicateurs semi-sphériques des heures et des minutes sont usinés dans des blocs d’aluminium massifs et réduits à l’épaisseur d’une feuille de papier extrêmement fine. Ils tournent sur des roulements en rubis à la verticale, i.e. à 90° par rapport au plan du mouvement, ce qui est très rare dans une montre bracelet tant la construction du rouage nécessaire est complexe.

Le fascinant tourbillon central haut perché au-dessus du mouvement a été développé par MB&F, expressément pour la HM6. Le choix d’un régulateur aussi sophistiqué a été déterminé par l’espace disponible sous le dôme en saphir, trop restreint pour abriter le pont supérieur d’un balancier classique.

Le tourbillon volant peut être protégé des rayons UV, qui accélèrent la réduction des huiles dans l’échappement et le mouvement, par un bouclier semi-sphérique rétractable actionné par une couronne sur le côté gauche du boîtier: il est composé de six lamelles incurvées qui se chevauchent. Pour cela, il a fallu usiner ces lamelles de l’épaisseur du papier dans un lingot de titane massif.

Les deux turbines sphériques, composées de pas moins de 15 pales chacune incurvée, sont constituées de deux hémisphères usinées dans des blocs d’aluminium massif. Ces turbines sont entraînées par le mouvement du rotor de remontage, via un rouage qui multiplie le nombre de rotations. Comme le frottement de l’air s’accroît de manière exponentielle (au carré) en fonction de la vitesse, lorsque le remontage s’effectue trop vite — généralement à cause de mouvements énergiques du poignet — le frottement de l’air sur les turbines s’accroît et la vitesse excessive sera alors compensée, ce qui minimise l’usure.

Comme on pouvait s’y attendre avec une architecture de mouvement aussi particulière, presque tous les composants et mécanismes ont été développés à partir de zéro, expressément pour Horological Machine N°6. Le résultat est éloquent.

Le boîtier de la HM6 ‘Space Pirate’ a été usiné dans deux lingots massifs de titane grade Ti- 6Al-4V (Grade 5) emprunté à l’aérospatiale. C’est un composé chimique qui associe le titane à 6% d’aluminium, 4% de vanadium, 0,25% (maximum) de fer et 0,2% (maximum) d’oxygène. Cet alliage high-tech, à la fois robuste et léger, bénéficie d’une haute résistance à la corrosion et d’une faible conductivité thermique.

Si la résistance fait de cet alliage un matériau idéal pour un boîtier de l’espace, les courbes sophistiquées rendent les finitions complexes: le polissage et le satinage de ‘Space Pirate’ demandent plus de 100 heures de travail.

La ceinture longitudinale en titane autour du boîtier comporte une ouverture circulaire qui contourne le dôme central. Au verso, la ceinture aplatie est fixée à un disque métallique au centre du verre saphir. Cette sangle sert de renfort au boîtier dans son ensemble et de support aux cornes mobiles.

Grâce aux cornes mobiles qui permettent au bracelet d’épouser en souplesse la forme du poignet, à la légèreté du boîtier en titane et aux sphères ergonomiques à chaque coin, la HM6 est extrêmement confortable au porté, même pour les plus petits poignets.

Les lignes courbes organiques de Horological Machine N°6 découlent d’un courant artistique du début du XXe siècle, le Biomorphisme, dans lequel la création repose sur les formes que l’on trouve dans la nature et sur les créatures vivantes. On rencontre des expressions biomorphiques dans la peinture de Matisse (Le bonheur de vivre), l’architecture de Gaudí (la Sagrada Família) et l’œuvre de designers contemporains comme Marc Newson. Mais peu nombreux sont ceux qui ont eu autant d’influence ou qui ont manifesté autant de passion que le designer industriel allemand Luigi Colani dont la production recouvre des carrosseries de voiture, des meubles, des instruments électroniques, un piano majestueux et même un stylo à bille.

Avec un nombre impressionnant de dix verres saphir, dont deux dômes pour chaque indicateur horaire et chaque turbine, ‘Space Pirate’ représente un véritable défi. Dans un premier temps, les dômes ont été usinés dans des blocs massifs de saphir. C’est le minéral naturel le plus dur sur terre après le diamant et c’est un matériau auquel il est extrêmement difficile de donner des formes complexes.

Les blocs de saphir sont usinés en interne et à l’externe, à l’aide d’outils à embouts diamants, jusqu’à obtention de dômes parfaits aux parois d’épaisseur égales. La moindre variation produirait de regrettables distorsions optiques. Puis les dômes translucides doivent être extrêmement polis de part et d’autre avant de devenir complètement transparents.

 

Spécifications techniques

MOTEUR

Moteur horloger tridimensionnel développé par MB&F en exclusivité pour la HM6, avec la collaboration de l’atelier David Candaux Horlogerie Créative

Tourbillon Volant avec bouclier rétractable
Rotor de remontage automatique de forme astérohache en platine 950 irisé vert Deux turbines en aluminium entraînées par le rotor
Réserve de marche : 72 heures
Fréquence du balancier : 18’000 a/h, 2.5Hz
Nombre de composants : 475
Nombre de rubis : 68

FONCTIONS / INDICATIONS

Heures et minutes sur deux indicateurs semi-sphériques en aluminium Couronne pour ouvrir/fermer le bouclier du tourbillon

BOÎTIER

Manufacturé par Les Artisans Boitiers Titane Ti-6Al-4V (Grade 5)
Dimensions : 49,5 mm x 52,3 mm x 20,4 mm Nombre de composants : 80

Etanchéité : 30m / 90’ / 3atm

VERRES SAPHIR

10 verres saphir : 9 dômes (4 pour les indicateurs des heures et des minutes, 4 pour les turbines, 1 pour le tourbillon) et un verre plat (fond du boîtier)

BRACELET ET BOUCLE

Bracelet en veau cousu main avec boucle déployante personnalisée

 

Who's who

« Surprenant. Maximilian Büsser est définitivement quelqu’un de surprenant ». Lorsque l’on demande à Laurent Picciotto de tracer les grandes lignes de son histoire avec l’homme fort de MB&F, il y a d’abord un long silence, un air pensif. Par où commencer ? Par la première rencontre alors que « Max » était stagiaire chez Jaeger-LeCoultre ? Lorsqu’il dirigeait Harry Winston Horlogerie ? Lorsqu’il s’est mû en designer agrégeant les plus grands talents horlogers chez MB&F ? Voilà en effet quelques étapes de la vie de Max Büsser, mais campées par un personnage si différent dans chaque rôle que la continuité est parfois difficile à percevoir. Pourtant, tout a bel et bien commencé il y a 20 ans à Paris entre les deux hommes. Laurent Picciotto a ouvert Chronopassion depuis 3 ans, posant les bases d’une enseigne qui allait devenir référente, mais qui n’est en ce temps qu’un ovni pour quelques (rares) amateurs de haute horlogerie.

 

Le jeune Maximilian Büsser, lui, est fraichement sorti de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Il vient de rentrer chez Jaeger-LeCoultre. Passionné de mécanique horlogère, il ne manque pas, lors de son passage à Paris, de s’arrêter rue Saint Honoré chez Chronopassion. « Il est resté plus de 3 heures », se souvient encore Laurent Picciotto. « Passionné, curieux, posant 1000 questions – un jeune homme atypique et sommes toutes à la culture horlogère déjà plus aboutie qu’il ne le laissait paraître ». Max Büsser restera plus de 7 ans au Marketing de Jaeger-LeCoultre. Il quitte la maison en 1991 pour entrer chez Harry Winston. Le joaillier de la 5ème avenue à NYC avait déjà fait quelques incursions dans le monde horloger, mais sans grand succès. Les premières pièces datent de 1989, le succès n’est pas immédiat. La production est confidentielle, le jeune Max Büsser sème alors les graines d’une horlogerie haut de gamme chez le joailler et atteint rapidement le poste de Managing Director pour le département Rare Timepieces.

 

C’est à ce moment là que les routes des deux hommes se recroisent. « Je me promenais à Genève », évoque Laurent Picciotto, « lorsqu’un homme en voiture s’arrête à mes côtés. Ce n’était plus le jeune en apprentissage de chez Jaeger, c’était le CEO d’Harry Winston Horlogerie. Je ne le reconnaissais plus, la transformation était même physique ! Il avait véritablement pris le costume du CEO. C’était vraiment surprenant ». Les deux hommes vont alors se voir chaque année dans le cadre d’Harry Winston. La partie horlogère de la marque, sous l’impulsion de Max Büsser, prend corps progressivement, « mais moi, seules les Opus m’intéressaient », glisse, sourire en coin, Laurent Picciotto. Une certaine amitié se noue et lorsque Max Büsser quitte Harry Winston en juillet 2005, les deux hommes se retrouvent une nouvelle fois. « Max m’informe de son nouveau projet, MB&F, pour Maximilian Büsser & Friends. Je ne lui ai dit que trois mots : ‘Je te suis’. Il a été un peu pris de court, alors qu’il ne projetait même pas encore d’implanter la marque en France et qu’il n’y avait pas encore le moindre prototype à l’horizon ! ».

 

L’intuition était la bonne. La première Horological Machine, la HM1, voit le jour deux ans plus tard, en 2007. « Une pièce difficile à saisir, il faut vraiment la mettre au poignet puis attendre un bon quart d’heure avant de se prononcer », se remémore Laurent Picciotto. La suite de l’aventure est connue : il y aura quatre HM, ainsi qu’une LM, pour Legacy Machine, pièce hommage aux inventeurs horlogers esthétiquement plus abordable mais non moins techniquement aboutie. Chaque pièce MB&F est en effet le fruit de ce que la haute horlogerie compte de plus grands talents, tant en horlogerie à proprement parler qu’en design : Jean-François Mojon, Kari Voutilainen, Peter Speake-Marin, Laurent Besse, Jean-Marc Wiederrecht, Eric Giroud, etc. « Au final, MB&F demande une vraie démarche d’adoption de ses pièces. Max y met une bonne dose d’humour, fruit de son regard désinhibé sur l’horlogerie. C’est définitivement une marque qui apporte de la fraîcheur dans le paysage horloger, qui le secoue juste comme il en avait besoin », conclut Laurent Picciotto.

 

Journaliste : Olivier Müller

 
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