MB&F - HM6 SV PLATINE
Luc Virginius / Chronopassion
MB&F - HM6 SV PLATINE

HM6 SV PLATINE

MB&F
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421'800 €

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475 composants dévoilés dans un boîtier en verre saphir profilé

En révélant les merveilleux mécanismes d’un moteur unique, Horological Machine No6 SV (SV pour “Sapphire Vision”) donne une portée supplémentaire au caractère tridimensionnel de la biomorphique HM6 « Space Pirate ». Deux coques en verre saphir aux courbes complexes prennent en sandwich la carrure « streamliner » en métal précieux ; dévoilant deux amphithéâtres horlogers consacrés à la valorisation de la superbe micromécanique terminée à la main.

 « J’ai toujours pensé que le mouvement était ce qu’il y avait de plus beau dans la HM6 et qu’il était dommage de ne pas le montrer. Mais il a fallu attendre l’évolution récente de la technologie d’usinage du verre saphir pour pouvoir créer un boîtier aussi complexe »,explique Maximilian Büsser, le fondateur de MB&F.

La carrure métallique se caractérise par des lignes horizontales empruntées aux bus américains Greyhound « Streamliner » des années 1950 et 60, qui relevaient d’un style Art déco tardif connu sous le nom de Streamline Moderne (Paquebot en français). La construction en sandwich est accentuée et valorisée par la bande de couleur vive formée par le joint d’étanchéité.

À l’avant, deux dômes sphériques tournent à la verticale pour afficher les heures et les minutes via de grands chiffres lisibles. À l’arrière, des turbines sphériques jumelles, entraînées par le rotor et un rouage multiplicatif, tournent à l’horizontale et régulent automatiquement le système de remontage.

Un dôme central abrite le régulateur de précision du moteur de la HM6, un tourbillon 60 secondes volant. Etant donné que les régulateurs de haute précision sont particulièrement sensibles aux changements de coefficient de viscosité des huiles, et que ces dernières se décomposent progressivement sous l’effet des ultra-violets, la HM6 dispose d’un bouclier semi-sphérique en titane rétractable : quand il est fermé, il bloque les rayons nocifs et empêche l’oxydation prématurée du lubrifiant dans le régulateur. Une couronne placée à 9 heures actionne l’ouverture et la fermeture en l’espace — et à la manière — d’un clin d’œil.

Les neuf dômes en saphir — cinq au-dessus et quatre en-dessous — sont soigneusement fixés aux plaques transparentes grâce à un processus spécial de collage sous vide à haute température, pour assurer un maximum de résistance et d’étanchéité.

Aussi ravissant que soit le boîtier aux courbes organiques, c’est le moteur qui est la véritable star de la HM6 SV. Il ne se contente pas d’occuper le devant de la scène, il investit tout l’auditorium. Les 475 composants finement terminés constituent un mouvement extrêmement complexe, fruit de plus de trois années de développement.

Horological Machine N°6 SV est une édition limitée de 10 pièces en platine et verre saphir et 10 pièces en or rose et verre saphir.

MB&F ne produira que 100 mouvements HM6 au total.

Design :Pour la carrure en métal précieux du boîtier de la HM6 SV, MB&F s’est inspirée du style Art déco tardif connu sous le nom de Streamline Moderne (Paquebot en français), qui a trouvé une expression dans les lignes horizontales courant le long des bus Greyhound Streamliner emblématiques des années 1950 et 60.

Le profilage fut initié par des designers industriels qui dépouillèrent le style Art déco de ses ornements afin de se concentrer sur le concept purement scientifique de l’aérodynamique, basé sur le mouvement et la vitesse.

La carrure profilée du boîtier est associée aux lignes courbes organiques d’Horological Machine N°6 qui découlent d’un courant artistique du début du XXe siècle, le Biomorphisme : la création repose sur les formes que l’on trouve dans la nature et sur les créatures vivantes. On rencontre des expressions biomorphiques dans la peinture, notamment dans le remarquable tableau de Matisse Le bonheur de vivre, dans l’architecture, à l’image de la fameuse Sagrada Família de Gaudí à Barcelone, et dans de nombreuses œuvres signées par des designers contemporains comme Marc Newson. Mais peu nombreux sont ceux qui ont eu autant d’influence ou qui ont manifesté autant de passion que le designer industriel allemand Luigi Colani, dont la production recouvre des carrosseries de voiture, des meubles, des instruments électroniques, un piano majestueux et même un stylo à bille.

Moteur :compte tenu de la difficulté des défis à relever, il a fallu plus de trois ans pour développer le moteur de la HM6 SV. Les indicateurs sphériques des heures et des minutes sont usinés dans des blocs d’aluminium massifs et réduits à l’épaisseur d’une feuille de papier extrêmement fine. Montés sur des roulements en rubis, ils tournent à la verticale, à 90° par rapport au plan du mouvement, ce qui est très rare dans une montre bracelet tant la construction du rouage nécessaire est complexe.

Le fascinant tourbillon central haut perché au-dessus du mouvement a été développé par MB&F, expressément pour la HM6. Le choix d’un régulateur aussi sophistiqué a été déterminé par l’espace disponible sous le dôme en saphir, trop restreint pour abriter le pont supérieur d’un balancier classique.

Le tourbillon volant peut être protégé des rayons ultra-violets, qui accélèrent la réduction des huiles dans l’échappement et le mouvement, par un bouclier semi-sphérique rétractable, composé de quatre lamelles incurvées qui se chevauchent. Le bouclier est actionné par une couronne sur le côté gauche du boîtier. Pour obtenir les lamelles de l’épaisseur du papier, il a fallu les usiner dans un lingot de titane massif.

Les deux turbines sphériques, composées de pas moins de 15 pales toutes incurvées, sont constituées de deux hémisphères usinés dans des blocs d’aluminium massif. Ces turbines sont entraînées par le mouvement du rotor de remontage, via un rouage qui multiplie le nombre de rotations. Comme le frottement de l’air s’accroît de manière exponentielle (au carré) en fonction de la vitesse, lorsque le rotor tourne trop vite — généralement à cause de mouvements énergiques du poignet — le frottement de l’air sur les turbines s’accroît et, ainsi, la vitesse excessive est compensée, ce qui minimise l’usure.

Comme on pouvait s’y attendre avec une architecture de mouvement aussi particulière, presque tous les composants et mécanismes ont été développés à partir de zéro, expressément pour Horological Machine N°6. Le résultat est éloquent.

Boîtier : le boîtier de la HM6 SV est construit en sandwich, avec une carrure en métal précieux glissée entre deux coques de verre saphir. La carrure, en platine 950 ou en or rose 5N+, forme un mur protecteur autour du mouvement et supporte les attaches articulées. Les lignes horizontales tracées sur le périmètre réduisent visuellement la hauteur du boîtier et mettent l’accent sur le mouvement.

Compte tenu de leur taille et de la complexité de leurs courbes, les coques en verre saphir du dessus et du dessous ont été particulièrement difficiles à usiner et à polir. Les dômes qui recouvrent les indicateurs (dessus et dessous), les turbines (dessus et dessous) et le tourbillon volant ont été méticuleusement fixés aux plaques transparentes grâce à un procédé de collage spécial, réalisé sous vide et dans un four à très haute température, pour assurer un maximum de résistance, d’étanchéité et d’intégrité structurelle.

Du verre saphir partout : la production des 11 verres saphir de la HM6 SV, dont deux grandes plaques (dessus et dessous) et neuf dômes — de part et d’autre des indicateurs de temps et des turbines ainsi que sur le tourbillon volant — a représenté un véritable défi. Dans un premier temps, ils ont été usinés dans des blocs massifs de saphir, deuxième minéral naturel le plus dur sur terre après le diamant. C’est un matériau auquel il est extrêmement difficile de donner des formes complexes.

Après l’usinage réalisé à l’intérieur et à l’extérieur de chaque bloc à l’aide d’outils à embouts diamants, les formes doivent être polies à l’extrême, dedans et dehors, afin d’obtenir la transparence. Les dômes sont particulièrement exigeants car les parois doivent avoir une épaisseur parfaitement égale : la moindre variation produirait des distorsions optiques.

Spécifications techniques

HM6 SV — Caractéristiques techniques

 

Moteur

Moteur horloger tridimensionnel développé par MB&F en exclusivité pour la HM6, avec la collaboration de l’atelier David CandauxHorlogerie Créative

Tourbillon volant avec bouclier rétractable en titane

Rotor de remontage automatique de forme astérohache en platine 950 irisé bleu ciel

Deux turbines en aluminium entraînées par le rotor

Réserve de marche : 72 heures

Fréquence du balancier : 18’000 a/h, 2.5Hz

Nombre de composants : 475

Nombre de rubis : 68

Fonctions/indications

Heures et minutes sur deux indicateurs semi-sphériques en aluminium

Couronne de gauche pour ouvrir/fermer le bouclier du tourbillon ; couronne de droite pour le réglage de l’heure et le remontage

Deux turbines régulant le rotor de remontage automatique

Boîtier

Construction en sandwich d’une carrure en métal précieux glissée entre deux coques de verre saphir

Or rose 5N+ / verre saphir ou platine 950 / verre saphir

Dimensions : 51 mm x 50 mm x 22,7 mm

Nombre de composants : 78

Etanchéité : 30m / 3atm

Bracelet et boucle

Bracelet en alligator cousu main avec boucle déployante assortie au boîtier

Who's who

« Surprenant. Maximilian Büsser est définitivement quelqu’un de surprenant ». Lorsque l’on demande à Laurent Picciotto de tracer les grandes lignes de son histoire avec l’homme fort de MB&F, il y a d’abord un long silence, un air pensif. Par où commencer ? Par la première rencontre alors que « Max » était stagiaire chez Jaeger-LeCoultre ? Lorsqu’il dirigeait Harry Winston Horlogerie ? Lorsqu’il s’est mû en designer agrégeant les plus grands talents horlogers chez MB&F ? Voilà en effet quelques étapes de la vie de Max Büsser, mais campées par un personnage si différent dans chaque rôle que la continuité est parfois difficile à percevoir. Pourtant, tout a bel et bien commencé il y a 20 ans à Paris entre les deux hommes. Laurent Picciotto a ouvert Chronopassion depuis 3 ans, posant les bases d’une enseigne qui allait devenir référente, mais qui n’est en ce temps qu’un ovni pour quelques (rares) amateurs de haute horlogerie.

 

Le jeune Maximilian Büsser, lui, est fraichement sorti de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Il vient de rentrer chez Jaeger-LeCoultre. Passionné de mécanique horlogère, il ne manque pas, lors de son passage à Paris, de s’arrêter rue Saint Honoré chez Chronopassion. « Il est resté plus de 3 heures », se souvient encore Laurent Picciotto. « Passionné, curieux, posant 1000 questions – un jeune homme atypique et sommes toutes à la culture horlogère déjà plus aboutie qu’il ne le laissait paraître ». Max Büsser restera plus de 7 ans au Marketing de Jaeger-LeCoultre. Il quitte la maison en 1991 pour entrer chez Harry Winston. Le joaillier de la 5ème avenue à NYC avait déjà fait quelques incursions dans le monde horloger, mais sans grand succès. Les premières pièces datent de 1989, le succès n’est pas immédiat. La production est confidentielle, le jeune Max Büsser sème alors les graines d’une horlogerie haut de gamme chez le joailler et atteint rapidement le poste de Managing Director pour le département Rare Timepieces.

 

C’est à ce moment là que les routes des deux hommes se recroisent. « Je me promenais à Genève », évoque Laurent Picciotto, « lorsqu’un homme en voiture s’arrête à mes côtés. Ce n’était plus le jeune en apprentissage de chez Jaeger, c’était le CEO d’Harry Winston Horlogerie. Je ne le reconnaissais plus, la transformation était même physique ! Il avait véritablement pris le costume du CEO. C’était vraiment surprenant ». Les deux hommes vont alors se voir chaque année dans le cadre d’Harry Winston. La partie horlogère de la marque, sous l’impulsion de Max Büsser, prend corps progressivement, « mais moi, seules les Opus m’intéressaient », glisse, sourire en coin, Laurent Picciotto. Une certaine amitié se noue et lorsque Max Büsser quitte Harry Winston en juillet 2005, les deux hommes se retrouvent une nouvelle fois. « Max m’informe de son nouveau projet, MB&F, pour Maximilian Büsser & Friends. Je ne lui ai dit que trois mots : ‘Je te suis’. Il a été un peu pris de court, alors qu’il ne projetait même pas encore d’implanter la marque en France et qu’il n’y avait pas encore le moindre prototype à l’horizon ! ».

 

L’intuition était la bonne. La première Horological Machine, la HM1, voit le jour deux ans plus tard, en 2007. « Une pièce difficile à saisir, il faut vraiment la mettre au poignet puis attendre un bon quart d’heure avant de se prononcer », se remémore Laurent Picciotto. La suite de l’aventure est connue : il y aura quatre HM, ainsi qu’une LM, pour Legacy Machine, pièce hommage aux inventeurs horlogers esthétiquement plus abordable mais non moins techniquement aboutie. Chaque pièce MB&F est en effet le fruit de ce que la haute horlogerie compte de plus grands talents, tant en horlogerie à proprement parler qu’en design : Jean-François Mojon, Kari Voutilainen, Peter Speake-Marin, Laurent Besse, Jean-Marc Wiederrecht, Eric Giroud, etc. « Au final, MB&F demande une vraie démarche d’adoption de ses pièces. Max y met une bonne dose d’humour, fruit de son regard désinhibé sur l’horlogerie. C’est définitivement une marque qui apporte de la fraîcheur dans le paysage horloger, qui le secoue juste comme il en avait besoin », conclut Laurent Picciotto.

 

Journaliste : Olivier Müller

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