MB&F - LEGACY MACHINE N°1 FINAL EDITION
Luc Virginius / Chronopassion
MB&F - LEGACY MACHINE N°1 FINAL EDITION

LEGACY MACHINE N°1 FINAL EDITION

MB&F

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LEGACY MACHINE N°1 FINAL EDITION

Voilà six ans que MB&F a lancé la Legacy Machine N°1 (LM1). En 2011, elle avait inauguré une collection imprégnée de tradition, parallèle à celle des Horological Machines qui repoussent les limites du possible. Six années, ce n’est qu’un battement de cils dans l’histoire de l’horlogerie mais cela représente une génération entière pour l’horlogerie indépendante contemporaine. 

La Legacy Machine N°1 Final Edition met un terme à la série, avec un sens de l’inattendu propre à MB&F.

En général, il convient de ne pas toucher à ce qui marche, de laisser vivre des produits qui connaissent le succès et la notoriété. La LM1 Final Edition va à l’encontre des conventions en tirant sa révérence alors que la collection Legacy Machine gagne toujours plus en renom et en puissance. 

En 2011, la Legacy Machine N°1 introduisait trois caractéristiques techniques uniques, dont deux qui font que la série demeure singulière, aujourd’hui encore. Le balancier cinématique, suspendu à un pont en forme d’arches, est devenu un emblème de la collection Legacy Machine. Les deux fuseaux horaires, affichés sur des cadrans en laque tendue subtilement galbés, sont commandés par un seul mouvement. Ils peuvent être réglés de manière indépendante, sans se référer aux fuseaux horaires fixes. On trouve en outre un indicateur de réserve de marche vertical qui offre une lecture très intuitive et parfaitement claire de l’état de remontage du barillet.    

Ces innovations, conjuguées au savoir-faire technique de l’horloger chevronné Jean-François Mojon et à la qualité incomparable des finitions déterminées par Kari Voutilainen, ont servi de cadre à la création d’une nouvelle forme d’horlogerie indépendante. Des mécanismes traditionnels ont été placés dans des configurations modernes. La Legacy Machine N°1 a emprunté une voie différente pour affirmer sa différence. 

Dans le choix du matériau pour habiller cette dernière édition créée en l’honneur de la Legacy Machine N°1, MB&F a préféré l’acier aux métaux précieux comme l’or ou le platine. L’acier, qui a récemment acquis ses lettres de noblesse dans la composition des boîtiers de haute horlogerie, prend un double sens pour la LM1 Final Edition : d’une part, il reflète la force et la longévité de la collection, d’autre part, il place la valeur des composants extérieurs en retrait pour mieux mettre en avant la beauté du moteur.   

La couleur chocolat noir de la face de la LM1 Final Edition n’est pas une première chez MB&F. À chaque fois qu’elle apparaît dans les collections MB&F, le brun foncé intense souligne une occasion spéciale, une raison d’offrir des ‘friandises’, et la Legacy Machine N°1 ne fait pas exception à la règle. Le lancement de la dernière LM1 laissera peut-être un goût doux-amer — comme du chocolat noir à 85% selon Maximilian Büsser, le fondateur de MB&F — car son édition est limitée à 18 exemplaires. 

La LM1 Édition Finale est limitée à 18 exemplaires avec boîtier en acier inoxydable et face chocolat noir. 

LES EDITIONS FINALES MB&F

Première montre de la collection Legacy Machine, la Legacy Machine N°1 est aussi la première de la série à connaître une Édition Finale. Avant elle, les HM2, HM3, HM4 et HM5 ont fait l’objet d’une telle édition, marquant la fin de leur production. 

Mettre un terme à une collection est pour MB&F une décision stratégique majeure, de première importance selon la conviction, partagée par tous les collaborateurs, qu’il faut continuer à explorer et à développer. Ce n’est qu’en cessant de produire certaines pièces existantes que Maximilian Büsser et son équipe peuvent se lancer de nouveaux défis, en préservant l’étincelle créative et la dynamique d’une petite structure. 

L’acier choisi pour habiller la Legacy Machine N°1 Final Edition établit un précédent qui pourrait bien devenir un signe distinctif de toutes les Éditions Finales MB&F à venir.

Spécifications techniques

L’EVOLUTION DU PONT

Le pont de balancier de la Legacy Machine N°1 Final Edition est une nouveauté dans la série LM1. Il reprend l’esthétique inaugurée dans la Legacy Machine 101 puis déclinée dans la collection LM2, en version titane, ainsi que dans la Legacy Machine Perpetual.

La LM1 d’origine s’est présentée avec une esthétique du XIXe siècle associée à des avancées technologiques spécifiques. Le pont de balancier ajouré, avec angles très nets, faisait référence aux poutres métalliques caractéristiques des structures industrielles rencontrées lors des expositions universelles de l’époque.

Au fur et à mesure que la collection Legacy Machine a suivi son chemin, l’élément central s’est naturellement éloigné de l’esthétique historique première. MB&F a conçu un pont de balancier aux courbes adoucies, avec section transversale elliptique. Taillé dans un seul bloc d’acier, selon un procédé d’usinage extrêmement sophistiqué et s’adaptant aux dimensions réduites la Legacy Machine 101. 

Par la suite, il est réapparu dans la Legacy Machine Perpetual présentée en 2015 puis dans la LM2 Titanium lancée en 2017. Avec des bras fins polis miroir, le pont de balancier redessiné se distingue du modèle satiné de la LM1 d’origine — un détail qui sublime l’impact du balancier flottant. Le pont poli se détache clairement du fond soleillé, en accentuant la cinématique produite par la grâce aérienne du balancier surélevé.  

 

SÉRIE LEGACY MACHINE N° 1 – SPÉCIFICATIONS TECHNIQUES

 

La Legacy Machine N°1 est disponible en or rose 18 carats, or blanc 18 carats, une édition limitée de 33 pièces en platine, une édition limitée de 13 pièces pour la M.A.D.Gallery Dubai en titane et une édition limitée en acier pour clore la série. La LM1 est aussi à la base de deux éditions Performance Art avec les artistes Xia Hang et Alain Silberstein.

 

Moteur

Mouvement tridimensionnel, développé en exclusivité pour MB&F par Jean-François Mojon de Chronode et par Kari Voutilainen

Remontage manuel avec barillet unique

Réserve de marche: 45 heures

Balancier: diamètre 14 mm, créé spécialement, avec les quatre vis de réglage traditionnelles, flottant sur le mouvement et les cadrans

Spiral: avec courbe terminale Breguet, dans une fixation mobile au piton selon la tradition

Fréquence du balancier: 18'000 a/h, 2,5 Hz

Nombre de composants: 279

Nombre de rubis: 23

Décoration minutieuse entièrement réalisée à la main dans le style du XIXème siècle, biseaux internes des angles polis soulignant la facture manuelle des chanfreins, côtes de Genève, chatons en or avec moulures polies, gravures réalisées à la main.

Fonctions

Heures et minutes: deux zones horaires totalement indépendantes, affichées sur deux cadrans; réserve de marche par indicateur vertical unique au monde.

Couronne gauche à 8h pour le réglage de l’heure sur le cadran gauche, couronne droite à 4h pour le réglage de l’heure sur le cadran droit et le remontage.

Boîtier

Disponible en or rose ou or gris 18 carats, en platine 950, titane grade 5 ou acier inoxydable. 

Dimensions: diamètre de 44 mm, hauteur de 16 mm

Nombre de composants: 65

Verres saphir

Dôme en verre saphir sur la face et verre saphir sur le fond avec traitement antireflet des deux côtés.

Bracelet et boucle

Bracelet en alligator noir ou brun cousu à la main avec boucle ardillon en or, platine, titane ou acier pour s’associer à la matière du boîtier.

 

Who's who

« Surprenant. Maximilian Büsser est définitivement quelqu’un de surprenant ». Lorsque l’on demande à Laurent Picciotto de tracer les grandes lignes de son histoire avec l’homme fort de MB&F, il y a d’abord un long silence, un air pensif. Par où commencer ? Par la première rencontre alors que « Max » était stagiaire chez Jaeger-LeCoultre ? Lorsqu’il dirigeait Harry Winston Horlogerie ? Lorsqu’il s’est mû en designer agrégeant les plus grands talents horlogers chez MB&F ? Voilà en effet quelques étapes de la vie de Max Büsser, mais campées par un personnage si différent dans chaque rôle que la continuité est parfois difficile à percevoir. Pourtant, tout a bel et bien commencé il y a 20 ans à Paris entre les deux hommes. Laurent Picciotto a ouvert Chronopassion depuis 3 ans, posant les bases d’une enseigne qui allait devenir référente, mais qui n’est en ce temps qu’un ovni pour quelques (rares) amateurs de haute horlogerie.

 

Le jeune Maximilian Büsser, lui, est fraichement sorti de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Il vient de rentrer chez Jaeger-LeCoultre. Passionné de mécanique horlogère, il ne manque pas, lors de son passage à Paris, de s’arrêter rue Saint Honoré chez Chronopassion. « Il est resté plus de 3 heures », se souvient encore Laurent Picciotto. « Passionné, curieux, posant 1000 questions – un jeune homme atypique et sommes toutes à la culture horlogère déjà plus aboutie qu’il ne le laissait paraître ». Max Büsser restera plus de 7 ans au Marketing de Jaeger-LeCoultre. Il quitte la maison en 1991 pour entrer chez Harry Winston. Le joaillier de la 5ème avenue à NYC avait déjà fait quelques incursions dans le monde horloger, mais sans grand succès. Les premières pièces datent de 1989, le succès n’est pas immédiat. La production est confidentielle, le jeune Max Büsser sème alors les graines d’une horlogerie haut de gamme chez le joailler et atteint rapidement le poste de Managing Director pour le département Rare Timepieces.

 

C’est à ce moment là que les routes des deux hommes se recroisent. « Je me promenais à Genève », évoque Laurent Picciotto, « lorsqu’un homme en voiture s’arrête à mes côtés. Ce n’était plus le jeune en apprentissage de chez Jaeger, c’était le CEO d’Harry Winston Horlogerie. Je ne le reconnaissais plus, la transformation était même physique ! Il avait véritablement pris le costume du CEO. C’était vraiment surprenant ». Les deux hommes vont alors se voir chaque année dans le cadre d’Harry Winston. La partie horlogère de la marque, sous l’impulsion de Max Büsser, prend corps progressivement, « mais moi, seules les Opus m’intéressaient », glisse, sourire en coin, Laurent Picciotto. Une certaine amitié se noue et lorsque Max Büsser quitte Harry Winston en juillet 2005, les deux hommes se retrouvent une nouvelle fois. « Max m’informe de son nouveau projet, MB&F, pour Maximilian Büsser & Friends. Je ne lui ai dit que trois mots : ‘Je te suis’. Il a été un peu pris de court, alors qu’il ne projetait même pas encore d’implanter la marque en France et qu’il n’y avait pas encore le moindre prototype à l’horizon ! ».

 

Journaliste : Olivier Müller

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