urwerk - La UR-210 « Amadeus »
Luc Virginius / Chronopassion
urwerk - La UR-210 « Amadeus »

La UR-210 « Amadeus »

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La UR-210 « Amadeus » ou quand URWERK se met en mode Mozart

Pour son jubilé, URWERK se lance dans l’expérimentation rétro-futuriste. Pas de nostalgie ici mais une pièce à contre-courant et provocatrice comme les affectionne la marque toujours en marge de la norme. C’est une UR-210, pièce phare d’URWERK, qui s’est prêté à l’expérience. Projetée dans un
collisionneur temporel, la pièce avant-gardiste, nous est revenue transfigurée par ce voyage dans l’espace-temps. Rencontre anachronique et flamboyante !
 
« Dans l’atelier, accrochée au mur, trône une pendule du 18ème siècle dans le plus pur style baroque. C’est l’une des premières pièces de collection que m’a donnée mon père. Elle est imposante, massive, excessive aussi avec ses dorures extravagantes. Et en même temps c’est
ce qui fait sa beauté. J’aime les extrêmes depuis toujours ! » explique Felix Baumgartner, maître-horloger et co-fondateur d’URWERK.
Cette réminiscence de ces premières amours horlogères est certainement l’une des sources d’inspiration de la nouvelle UR-210 « Amadeus » -
Amadeus en référence, bien sûre, au compositeur de génie. « Wolfgang Amadeus est certainement l’un des premiers punks » confie Felix Baumgartner. « Il faut lire sa biographie. C’était un rebelle et URWERK s’inscrit dans cette mouvance. »
 
Pour ce retour vers le futur, la UR-210 a été transfigurée par les mains expertes de Florian Güllert, artisan autrichien de talent. Baroque est certainement l’un des adjectifs qui colle le mieux à cette nouvelle création. « On est dans une décoration très 18ème siècle, post-Renaissance, sur un support pourtant résolument contemporain. Le motif en feuilles d’acanthe se prêtait particulièrement bien à cette performance. Il apporte une certaine rondeur qui contraste avec l’esthétique angulaire de la pièce. Pour cette montred’exception, la boîte, le protège-couronne et le bracelet ont fusionné pour ne faire qu’un. J’ai donc eu à ma disposition la UR-210 en son entier et je me la suis appropriée, j’en ai fait un dessin d’acier » nous confie Florian.
 
Plus de 260 heures de travail ont été nécessaires à ce travail minutieux. Assurer la continuité du trait
fut l’un des enjeux et une des difficultés rencontrés par le graveur. « C’est une pièce qui recèle de
nombreuses facettes. Les motifs doivent être raccords, se compléter sans être redondants. C’est certainement l’une des créations dont je suis le plus fier » confie-t-il.
Pour Martin Frei, cette collision temporelle renforce encore sa vision d’un espace-temps aux frontières indéterminées. « Nous avons créé avec URWERK une vision ultra-contemporaine de la lecture de l’heure basé pourtant sur un concept du 17è siècle. Je ne vois pas là de paradoxe mais une continuité, une dimension intemporelle et universelle des idées, de la pensée. Depuis nos débuts, cette notion de durée, de frontière m’interpellent. Là où certains voient des limites, des
classifications fermées, je vois des ponts, des liens immatériels, une fluidité infinie. »
La complication satellite avec minute rétrograde de la UR-210 est à la fois originale et totalement détonante. En vedette, une aiguille des minutes 3D aux proportions hors norme qui se présente tel
un carénage high-tech. Sa fonction est d’enserrer le plot des heures tout au long de son voyage sur le rail des minutes. Ce voyage temporel d’une heure, ce glissement de 60 minutes sur un arc de 120° se fait en douceur et sans à-coup. Mais la vraie nature de la pièce se révèle à la fin de la 59ème minute.
Un « clac » sec et distinct marque le retour de la structure à son point de départ, en moins d’1/10ème de seconde, pour prendre en charge le plot des heures suivant. Ce système rétrograde d’une rapidité
foudroyante s’appuie sur trois éléments-clé :
 
- L’axe central assure la stabilité parfaite du mécanisme. Chassé sur rubis, il est le roc sur lequel toute la complication vient prendre appui. Un ressort cylindrique de type spiral de chronomètre de marine courant le long de cet axe génère la tension nécessaire au
mouvement rétrograde.
- L’aiguille des minutes atypique – véritable carénage du plot des heures – affiche des mensurations hors du commun. Sa découpe ultra-précise présente des tolérances au centième de millimètre près. Ce carénage de métal présente un poids total de 0,302g pour des mensurations de rêve (largeur 8.03mm x longueur 22.29mm x hauteur 7.30mm). Forgé dans l’aluminium, son parfait équilibre est assurée par un contrepoids de laiton.
- Une double came coaxiale en forme d’étoile régit le mouvement rétrograde. C’est son engrenage puis sa rotation qui définiront la trajectoire de l’aiguille des minutes.
Le cadran de la UR-210 s’illustre, à 1h, d’une indication de réserve de marche classique. A son opposé, à 11h, une première mondiale. Ce cadran indique l’efficience du remontage durant les
deux dernières heures de portée de la montre. Cette mesure inédite, contrairement à un indicateur de couple, n’est pas définie par la tension du ressort moteur mais se « calcule » grâce au ratio entre remontage du mouvement et dépense effective d’énergie.
 
Ces informations portées à votre connaissance, vous êtes désormais à même d’intervenir. Si votre UR-210 indique un apport d’énergie insuffisant, à vous de positionner le régulateur du remontage (située au dos de la montre) sur « FULL ». Le rotor convertira alors le moindre geste en énergie pure.
Dans cette configuration, le remontage est optimisé par une turbine couplée à la masse oscillante, assurant ainsi un remontage optimum et sans à-coup. Le remontage est-il trop intense et fatigue-t-il inutilement le mécanisme ? Positionnez la roue de régulation sur « REDUCED » et le système de
bridage du rotor se met en place. Une turbine à pâles montée sur rubis, tel un compresseur d’air, se met en marche et crée en interne une résistance, une friction d’air suffisante pour ralentir la masse du remontage automatique. En mode « STOP », le système de remontage automatique est désactivé et la UR-210 se convertit en montre à remontage manuel.

Spécifications techniques

UR-210 « Amadeus » – Spécification techniques
Boîtier
Matière : Titane et acier gravée main par Florian Güllert
Dimensions: Largeur 43.8mm ; longueur 53.6mm ; épaisseur 17.8mm
Glace : Crystal saphir
Etanchéité : Pression testée à 3ATM / 30m
Finition : Satinage ; micro-sablage
Bracelet : Métal – acier avec boucle déployante développé pour URWERK par la
maison Maspoli
Gravure main par Florian Güllert
Mouvement
Calibre UR-7.10
Rubis 51
Echappement Echappement à ancre suisse
Balancier Monométallique
Fréquence 28,800v/h, 4Hz
Ressort de balancier Plat
Power source Barillet unique
Réserve de marche 39 heures
Remontage Remontage automatique avec régulation par turbines
Matières Platine en ARCAP P40 rhodié ; aiguille des minutes tridimensionnelle
en aluminium et contrepoids de laiton ; ressort cylindrique centrale en
acier; satellite des heures en aluminium ; carrousel central et vis en
titane grade 5.
Finition Platine sablée et perlée ; satellites satinés et diamantés; tête de vis
polies et anglées.
Indications
Complication satellite (brevetée) avec heure vagabonde ; aiguille des
minute tridimensionnelle ; indication de réserve de marche ; indication
d’efficience du remontage (brevetée).
Marqueurs des heures, des minutes et index traités au Super-
LumiNova®
Contrôles
Couronne à deux positions avec protège-couronne intégré
Au dos : régulateur de remontage

Who's who

Pour de nombreuses pièces que l’on trouve chez Chronopassion, Laurent Picciotto en fut le partenaire dès leurs débuts. Mais dans certains cas, il fut là...avant même le début. C’est le cas d’Urwerk. C’est le principe de la souscription. Quand, en 2002, le frère de l’un des fondateurs de la marque se rend rue Saint Honoré, il n’a en poche que des dessins, en tête que des projets, voire des visions. Pourtant, celles-ci séduisent le propriétaire des lieux. Il y est question de nouveau mode de lecture de l’heure, de satellites... La tête dans les étoiles, les fondateurs d’Urwerk ? « En apparence seulement », précise Laurent Picciotto. « Le staff d’Urwerk et son travail sont assez secrets, mais la feuille de route est tout sauf approximative. C’est une affaire de professionnels, minutieux, peut-être en marge du microcosme horloger mais avec une vision très claire de ce qu’ils sont et d’où ils vont ».
 
La première Urwerk tient ses promesses : elle impose son style, un mouvement totalement inédit ainsi qu’une lecture tout autant inédite de l’heure. La montre crée sa propre empreinte parmi les gammes vues et revues de l’horlogerie contemporaine. Mais la nouveauté ne va pas de soi pour tous : « lorsque la première pièce est arrivée en 2004, via souscription, il fallu beaucoup d’évangélisation », concède Laurent Picciotto.
 
Pourtant, passion, pragmatisme et didactisme font leur œuvre : le succès est au rendez-vous. Chronopassion s’impose rapidement comme le revendeur exclusif d’Urwerk en France. L’enseigne représentera au final un volume significatif des ventes de la marque dans le monde. Près de 10 ans après son lancement, Urwerk cultive toujours sa singularité. Elle reste fidèle à ses principes fondateurs de lecture de l’heure par satellites mais y apporte des évolutions constantes à un rythme soutenu : « Je reste encore aujourd’hui très étonné par la capacité à rebondir de la marque », souligne ainsi Laurent Picciotto.
 
L’hôte de Chronopassion poursuit donc sa route avec Urwerk, dont il a proposé la totalité des modèles développés jusqu’à ce jour. Certaines séries limitées se sont d’ailleurs littéralement arrachées ; ces modèles ont provoqué un début de queue rue Saint Honoré qui allait, de toutes manières, largement excéder le peu de pièces disponibles. Pour Laurent Picciotto, l’explication est celle « de clients qui retrouvent leur âme d’enfant. Il y en a parfois aux goûts très classiques qui craquent littéralement pour une Urwerk ». Est-ce rationnel que de ne jurer que par Bréguet ou Audemars-Piguet et de basculer tout à coup dans la folie satellitaire d’Urwerk ? Non, certainement pas. Mais Urwerk est tout sauf un jouet raisonnable...
 
Journaliste : Olivier Müller (11/2012)
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